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Ce blog va parler des différentes actualités environnementales. Touché par le film "Home", de Yann Arthus Bertrand, j'ai décidé de créer un espace dans lequel une communauté d'internautes pourra partager ces idées en matière d'environnement dans le seul but de sauver notre terre. Alors chaque initiative compte, de la plus petite à la plus grande. Chaque main tendue peut sauver une parcelle de notre Terre et à terme l'environnement et la paix globale.

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Les divisions entre écologistes

Les divisions entre écologistes

Notre époque en quête de nouvelles spiritualités est imprégnée, depuis le mouvement hippie au moins, d'une idéologie écolo très naïve mais qui a toutes les raisons de perdurer auprès des jeunes urbains. Dès lors, les écologistes sont invariablement identifiés à ce retour à la nature de sortes de boy scouts sympathiques, pour ce que j'en ai connu, mais qui restent pourtant plus que marginaux. Le terme de nature est d'ailleurs très ambigu car il ne s'agit pas bien sûr d'un retour à l'animalité mais tout au plus d'un retour à la terre et à la culture. Le terme important ici, c'est le « retour », car les époques peuvent varier considérablement, au lieu de se projeter vers l'avenir. Même quand les écologistes paraissent plus raisonnables, on leur imputera donc au moins une forme ou une autre de primitivisme ou de régression. Il n'est certes pas si facile de s'en défaire quand on prétend défendre notre "monde vécu" ou quelque nature originaire, l'indispensable critique de la technique et du progrès glissant facilement à la techno-phobie comme au conservatisme le plus réactionnaire.

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Pendant que les gentils écolos occupent héroïquement la scène, on voit arriver en coulisse une toute autre écologie en costard cravate, plus du tout utopique celle-là, et plutôt technophile, celle du capitalisme vert engagé dans un nouveau cycle de croissance avec le développement des énergies renouvelables notamment. Ces divergences, on ne peut plus manifestes, prouvent au moins que l'écologie ne se réduit pas à ce que ses différents protagonistes en font, mais, dans les deux cas, elles témoignent surtout de l'absence de la dimension politique dans ces approches spirituelles ou marchandes.

L'écologie-politique ne peut se limiter à l'environnementalisme au moins parce qu'elle est supposée remonter aux causes (humaines) et adopter un point de vue global (collectif), mais avant tout à cause de l'enjeu politique qui a été souligné par André Gorz dans son texte inaugural "leur écologie et la nôtre" que nous avions mis en exergue du premier EcoRev'. Non seulement ce texte introduit la division dans l'écologie, en particulier avec l'opposition à l'expertocratie, mais il se situe clairement dans la continuité des luttes d'émancipation et dans le camp de l'anticapitalisme. Avec de grandes différences toutefois, qu'on peut caractériser comme post-totalitaires, le paradigme écologiste valorisant notamment la diversité (les minorités), la décentralisation, le local dans une dialectique local/global, individu/société, à rebours des idéologies collectivistes précédentes, tout comme des idéologies individualistes d'ailleurs.

On ne peut nier l'existence de luttes politiques dans l'écologie et donc la dimension véritablement politique de l'écologie, loin du « ni droite, ni gauche » et de l'apolitisme supposé de l'intérêt général. Il y a bien une opposition frontale entre différentes tendances de l'écologie qui sont largement incompatibles et dont il faut expliciter les divergences qui sont loin d'être claires pour tout le monde puisqu'on essaie de les concilier alors qu'elles sont fondamentalement contradictoires dans leur conception même de la liberté. Comme toujours en politique, c'est effectivement notre liberté qui est en jeu dans cette politisation de l'écologie, raison pour laquelle, dès 1993, en préalable à mon engagement écologiste, j'avais cru devoir distinguer explicitement les écologistes en fonction de la place donnée à la liberté : 1) les fondamentalistes ou écologistes de droite qui défendent les lois de la nature, les hiérarchies naturelles, et pour qui la liberté humaine représente le mal contre lequel il faut se prémunir, 2) les environnementalistes centristes ou libéraux qui défendent la qualité de la vie et les produits écologiques mais pour qui la liberté est instrumentalisée, ravalée au rang de moyen pour le marché. 3) la véritable écologie-politique comme prise en charge par le politique des effets globaux de nos actions en vu de renforcer notre autonomie (nous donner nos propres règles avant d'y être contraints matériellement). Dans la continuité des luttes sociales, c'est la conscience de notre solidarité globale tout comme de nos limites, constituant indubitablement un progrès de la raison. Cette fois la liberté est un projet collectif d'émancipation, le passage de l'histoire subie à l'histoire conçue, tournée vers l'avenir et sa préservation.

On ne peut surestimer ce qui oppose ces différentes écologies puisqu'il y a une complicité avérée de l'écologie avec le libéralisme le plus brutal, ce qu'on a appelé improprement le "darwinisme social" (Defoe, Malthus, Spencer, etc.) jusqu'à l'ordre spontané néolibéral. On sait aussi jusqu'à quelles extrémités ont pu mener d'autres sortes de "darwinisme", biologisme, hygiénisme, etc., que ce soit le racisme nazi obsédé par son espace vital ou un pétainisme pour qui la terre ne ment pas. Un "philosophe" médiatique très ignorant a même cru pouvoir identifier l'écologie à ces tendances d'extrême-droite qui représentent pourtant un courant très minoritaire en tant que tel aujourd'hui mais dont on ne peut nier l'existence pour autant, imprégnant comme naturellement les discours écologistes les plus naïfs, sans parler du catastrophisme appelant des pouvoirs autoritaires et le règne de la technocratie. Pour défendre la vie, tout est permis ! Il ne peut être question bien sûr de se mélanger avec des idéologies tellement contraires à nos objectifs.

La défense de la vie revendiquée par beaucoup d'écologistes n'a, en effet, aucun sens, ni même la survie de l'espèce humaine qui ne sont pas en cause en dehors d'une catastrophe cosmique. Ce n'est pas à ce niveau absolu que les questions se posent. Nous avons les moyens de vivre dans l'espace, il y aura donc au moins des petits groupes qui survivront dans les pires conditions. Défendre la vie humaine a certes un sens, c'est celui des droits de l'homme mais il n'est pas forcément écologiste. La question de la survie est bien posée pour certains (Bangladesh, petites îles, pauvres en général, etc.) mais l'écologie ne peut se limiter à empêcher toute une série de catastrophes ni se limiter à la survie comme si la vie était désirable à n'importe quel prix. La conscience des risques est bien ce qui nous oblige à devenir écologistes mais cela ne suffit pas à donner son contenu à une écologie-politique.

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