Ce blog va parler des différentes actualités environnementales. Touché par le film "Home", de Yann Arthus Bertrand, j'ai décidé de créer un espace dans lequel une communauté d'internautes pourra partager ces idées en matière d'environnement dans le seul but de sauver notre terre. Alors chaque initiative compte, de la plus petite à la plus grande. Chaque main tendue peut sauver une parcelle de notre Terre et à terme l'environnement et la paix globale.
L'abandon de la filière MOX est également annoncé dans une dépêche AFP datant de 19 h 30 mardi et détaillant les principaux points d'accord entre écologistes et socialistes.
Mais cette phrase a tout bonnement disparu de la version finale de l'accord présenté à la presse après son vote par le Bureau national du PS, dont voici le fac-similé.
Comme on le voit, le texte est en tout point identique à celui présenté plus tôt, à l'exception d'un paragraphe, tout bonnement disparu.
AREVA EST INTERVENU AUPRÈS DU PS
La disparition de la mention de ce point d'accord dans le texte distribué par le conseil national du PS est tout sauf innocente : le MOX (pour "mélange d'oxydes") est un combustible "recyclé", fabriqué à partir d'uranium ou de plutonium déjà consommé dans des centrales, et une spécialité du géant français du nucléaire Areva, qui produit 95% du MOX dans le monde.
Il est employé dans 20 réacteurs en France, et notamment pour le fameux réacteur à eau pressurisée (EPR) de Flammanville (même si celui-ci pourrait fonctionnersans). Ce combustible est dénoncé par les écologistes, notamment parce qu'il est beaucoup plus radioactif que le combustible courant.
L'abandon d'une telle filière constituait donc un signe fort d'une volonté de réduirefortement la part du nucléaire, mais aussi un très mauvais signal pour le groupe Areva, qui a fait du Mox et de son exploitation l'un de ses paris stratégiques. Le groupe AREVA indique "être intervenu" auprès du PS au sujet de l'accord PS-EELV, pour le prévenir des "des conséquences économiques, sociales, industrielles, environnementales très graves, qui conduiraient aussi à la disparition du leadership de la France dans le nucléaire civil".
CONFUSION
Selon les informations du Monde, le paragraphe sur le MOX aurait été ajouté, dans le cadre des négociations, par Michel Sapin, chargé de superviser le projet de M. Hollande.Mais c'est le candidat socialiste lui-même qui aurait tiqué en découvrant ce passage après la signature de l'accord, et aurait donc refusé qu'il figure dans le texte, et fait part de ce point de vue à Cécile Duflot. La dirigeante des Verts n'a cependant pas réagi publiquement à ce désaccord nouveau.
En fin de matinée, Pascal Durand, porte-parole d'EELV, a dit "attendre que Martine Aubry appelle Cécile Duflot" pour l'informer de la situation. "Des textes modifiés après accord, on a rarement vu ça", a-t-il ajouté. L'accord doit être ratifié samedi par le conseil fédéral des écologistes. Jean-Vincent Placé, conseiller politique de Cécile Duflot, ajoutera un peu plus tard : "J'ai eu une discussion avec Michel Sapin. Il y a des passages très précis sur la reconversion de la filière de retraitement du MOX. C'est ce texte qui fait foi".
En fin de matinée mercredi, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a indiqué que le paragraphe avait été "retiré provisoirement" afin de "clarifier" une "différence d'interprétation" entre socialistes et écologistes. "Ce point ne fait pas l'objet d'un désaccord" entre les deux partis, selon lui, mais "d'une différence d'interprétation". Il a souligné que les négociateurs PS allaient "en reparler avec leurs partenaires d'EELV".
"HORS DE QUESTION DE SORTIR DU NUCLÉAIRE"
De quoi laisser planer l'impression d'une certaine confusion. Du côté des écologistes, on jouait jusqu'ici l'ignorance. Sur Twitter, Cécile Duflot expliquait dans la matinée : "Suis une femme pas compliquée : un accord passé est un accord qui engage. Pas d'autres commentaires :-)". Mais cette position risque de ne paspouvoir durer. Noël Mamère, ancien candidat écologiste à la présidentielle, a ainsi dénoncé un reniement du PS : ""Si le PS, sous la pression d'Areva et du lobby nucléaire, décide de changer d'avis, cela va changer la donne pour nous et on ne peut pas construire l'avenir et une pacte majoritaire avec des gens qui renient leur parole".
Mercredi après-midi, le nouveau chargé de la communication de campagne deFrançois Hollande, Manuel Valls, a assuré que le PS souhaitait "bien évidemmentgarder la filière Mox". Et de renchérir :"Nous poursuivrons l'activité de production de combustible et de retraitement". Un désaveu on ne peut plus explicite de l'accord signé la veille par Martine Aubry et Cécile Duflot.
Manuel Valls explique : "Tant qu'il y aura des centrales nucléaires en activité, il nous faudra produire du combustible et le retraiter". Rappelant que pour François Hollande, "il est hors de question de sortir du nucléaire", il ajoute, lisant une déclaration, "si on est favorables à l'EPR de Flamanville, celui-ci fonctionne au Mox, et par ailleurs une vingtaine de centrales nucléaires fonctionnent au Mox". "La filière Mox doit être maintenue, l'usine de La Hague également".
Un argumentaire pour le moins déroutant : d'une part, l'EPR comme toutes les autres centrales fonctionnant au MOX peuvent utiliser d'autres combustibles. Ensuite, le PS disait dans la matinée... exactement l'inverse. Interrogé par le site Mediapart, Michel Sapin, chargé du programme pour M. Hollande, expliquait : "Puisqu'on ferme des centrales, on va donc produire de moins en moins de MOX, c'est ce qui est dit dans ce paragraphe".