Ce blog va parler des différentes actualités environnementales. Touché par le film "Home", de Yann Arthus Bertrand, j'ai décidé de créer un espace dans lequel une communauté d'internautes pourra partager ces idées en matière d'environnement dans le seul but de sauver notre terre. Alors chaque initiative compte, de la plus petite à la plus grande. Chaque main tendue peut sauver une parcelle de notre Terre et à terme l'environnement et la paix globale.
Cet "accord politique de majorité", obtenu à l'issue de six mois de négociations, a été annoncé mardi après-midi après avoir été validé par les numéros 1 des deux partis, Martine Aubry et Cécile Duflot. Il doit être entériné mardi soir côté PS, et ce week-end côté EELV, lors d'un conseil fédéral.
Dans un premier texte, consacré aux élections législatives, les écologistes ont obtenu de pouvoir former "un groupe parlementaire" à l'Assemblée, selon EELV, qui parle d'un accord portant sur plus de 60 circonscriptions, avec "25 à 30 députés"en cas de victoire de la gauche et "15 députés en cas de défaite". "C'est la volonté partagée de (...) travailler à une coalition solidaire parlementaire de 2012 à 2017" et de "battre Nicolas Sarkozy", a souligné Cécile Duflot, qualifiant le texte d'"ambitieux".
LA QUESTION D'UNE ENTRÉE AU GOUVERNEMENT DES ÉCOLOGISTES RESTE POSÉE
Selon l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit, interrogé sur BFM TV, ce texte d'une trentaine de pages indique que socialistes et écologistes sont "capables defaire un accord de mandature qui permettrait un accord pour les législatives" mais"pas de gouverner ensemble". En clair, en cas de victoire en mai 2012, la question d'une entrée au gouvernement des écologistes reste posée. Selon lui, "nous verrons à la fin" des campagnes électorales "si on peut retrouver une base d'accord pour qu'EELV rentre au gouvernement". "Sinon, il n'y aura pas de ministre EELV, et le débat continuera à l'Assemblée", a-t-il ajouté.
Un autre document d'une trentaine de pages, qui porte lui sur l'aspect programmatique, a permis de coucher sur le papier les points d'accord et de"désaccord" entre les deux formations. Ces derniers sont, sans surprise, "l'avenirdu chantier de l'EPR de Flamanville" (Manche) et "l'opportunité de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes" près de Nantes, selon le texte.
Sur le premier, le PS propose que soit réalisé après la présidentielle un audit tout en continuant les travaux du chantier. Les écologistes souhaitent un gel des travaux. Sur le second, EELV veut l'abandon du projet, pas le PS.
ARRÊT "IMMÉDIAT" DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM
Quant aux points d'accord, ils sont nombreux : volonté commune de "reprendre la main sur le système bancaire", "d'imaginer un nouveau modèle de développement économique, social et écologique", de "bâtir une République nouvelle". Sur le nucléaire ont été actés "la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique de 75 % à 50 % en 2025", la fermeture de 24 réacteurs d'ici 2025, sur un total de 58 (dont l'arrêt "immédiat" de Fessenheim) et l'arrêt du retraitement et de la filière MOX (combustible obtenu en recyclant du plutonium issu des déchets de combustibles usagés). Hors Flamanville, il n'y aura pas d'études sur l'ouverture de nouvelles centrales.
"Chacun sort de là avec la constatation de divergences qui n'obèrent en rien, ni le débat ni le rassemblement possible", a déclaré le socialiste Bruno Le Roux, qui faisait partie des négociateurs.
Le ministre de l'énergie Eric Besson a qualifié de "marchandage totalement irresponsable" ces négociations, qui menacent selon lui "des dizaines voire des centaines de milliers d'emplois". Yves Jégo, vice-président du Parti radical (PR), a ironisé sur Twitter : "Avec EELV et le PS on n'est jamais déçu! Ils inventent maintenant l'accord sur le désaccord!"
Surtout, ce texte listerait les points d'accord entre les deux partenaires sur les questions énergétiques, économiques et sociétales, ainsi que les points de divergence, parmi lesquels le maintien de l'EPR de Flamanville (Manche). Le texte soulignerait que les points d'accord des deux partenaires sont plus importants que les points de désaccord.
PORTE DE SORTIE
Cette solution serait une porte de sortie jugée honorable par les deux parties, après des semaines de négociations tendues et même bloquées ces derniers jours."Pour être souples, nous le sommes. Je dirais même que nous sommes à la limite de la contorsion", se plaignait ainsi un dirigeant écologiste, lundi 14 novembre dans la soirée. Dans les négociations avec les socialistes, EELV est en effet passé de la plus grande raideur – "ultimatums" répétés sur l'EPR de Flamanville (Manche), le réacteur nucléaire de troisième génération – à des qualités gymniques au-dessus de la moyenne pour faire aboutir l'accord.
Les écologistes se voient contraints de s'adapter à la situation dans laquelle se trouve François Hollande : la baisse du candidat socialiste dans les sondages semble induire une certaine fébrilité dans son entourage. "On les sent fermés, dans une sorte de citadelle assiégée, en train de revivre une séquence du 'tout sauf Hollande'", déplorait un dirigeant écologiste.
LES PROCHES DE M. HOLLANDE DIVISÉS
Le cercle rapproché de M. Hollande, qui a la haute main sur cette délicate négociation, était divisé sur l'intérêt d'un accord avec les écologistes. Michel Sapin en était toujours partisan, appuyé par les partisans de Martine Aubry lors de la primaire, comme Laurence Rossignol ou Guillaume Bachelay.Mais selon la direction d'EELV, d'autres proches du candidat étaient persuadés, non seulement qu'il pouvait gagner sans accord avec les écologistes, mais que la signature d'un accord nuirait à son image. Ne pas signer aurait été une façon d'envoyer à l'opinion un signal de fermeté. Selon la direction d'EELV, le députéAndré Vallini et l'eurodéputé Stéphane Le Foll étaient sur cette ligne. Et le candidat lui-même ? "Raide et fermé", disaient les Verts.
LE MORATOIRE SUR L'EPR, POINT DE BLOCAGE CENTRAL
Pour les écologistes, il n'est désormais plus question d'obtenir la sortie du nucléaire, ni la fermeture de Flamanville dans les négociations avec le PS. Les discussions sur l'EPR ont porté sur deux points : la nécessité d'un audit indépendant, après l'élection présidentielle, pour avoir toutes les informations sur les problèmes de sécurité, et le moratoire sur les travaux qui s'ensuivrait, le temps d'y voir clair et de prendre une décision.
Mardi matin, le premier point semblait acquis, mais les négociations continuaient debloquer sur le second. Le moratoire sur le chantier de Flamanville reste l'unique point de blocage véritable, car les deux partenaires se connaissent bien et travaillent sur l'ensemble du programme depuis des mois.
DE NOMBREUX POINTS D'ACCORD TROUVÉS
Ils ont trouvé de nombreux points d'accord sur la fiscalité verte (contribution climat énergie) et sur la retraite à 60 ans (possibilité de partir dès cet âge quand on a fait tous ses trimestres). Ils ont des vues communes sur la possibilité d'un impôtplancher pour les multinationales qui échappent en partie ou totalement à l'imposition.
Un accord était également possible autour des circonscriptions. Sur le rythme de réduction des déficits, les deux parties étaient toujours en désaccord mais n'en faisaient pas un point de rupture. "Chacun défendra ses thèses pendant la campagne sur cette question", dit un membre de la direction d'EELV.
Sur le délicat dossier du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dont les écologistes souhaitent l'annulation pure et simple, les signes d'ouverture existaient mardi matin, puisque les socialistes seraient selon les écologistes prêts à accepter un nouveau débat public sur le projet.
Pour la direction d'EELV, l'enjeu central est le conseil fédéral de samedi 19 novembre. "Avaler la non-sortie du nucléaire, le maintien de Flamanville, et une baisse du nombre de circonscriptions garanties, ça commence à faire beaucoup", estime un membre de la direction du PS. Chaque mot du texte de l'accord sera donc pesé.
Anne-Sophie Mercier et David Revault d’Allonnes
Lemonde.fr