Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Notre Terre
  • Notre Terre
  • : Ce blog va parler des différentes actualités environnementales. Touché par le film "Home", de Yann Arthus Bertrand, j'ai décidé de créer un espace dans lequel une communauté d'internautes pourra partager ces idées en matière d'environnement dans le seul but de sauver notre terre. Alors chaque initiative compte, de la plus petite à la plus grande. Chaque main tendue peut sauver une parcelle de notre Terre et à terme l'environnement et la paix globale.
  • Contact

Profil

  • Savarit Johnatan
  • Etudiant en histoire et en journalisme, le thème de l'environnement me préoccupe beaucoup sans toutefois faire les choses que je voudrais faire. J'espère que par ce biais quelques uns auront conscience de l'impact de l'Homme dans le MONDE.
  • Etudiant en histoire et en journalisme, le thème de l'environnement me préoccupe beaucoup sans toutefois faire les choses que je voudrais faire. J'espère que par ce biais quelques uns auront conscience de l'impact de l'Homme dans le MONDE.

Statistiques

 

69 289 visiteurs uniques

166 814 pages vues

Recherche

Citation du moment

Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on se retrouve toujours dans les étoiles". 

Archives

A voir!

Nouveau blog à visiter :

http://1001patrimoines.wordpress.com

 

Liens

20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 00:57

Le président américain, Barack Obamaa rejeté, mercredi 18 janvier, le projet de construction de l'oléoduc géant controversé Keystone XL entre les Etats-Unis et le Canada, rendant ses adversaires républicains responsables de cette décision réclamée par les associations écologistes.

 

http://s2.lemde.fr/image/2012/01/19/540x270/1631434_3_149d_cette-bataille-ne-va-pas-se-terminer-ainsi_a117cfee093c61021c823fd6b64f36b9.jpg

Cependant, le groupe TransCanada, à l'origine du projet, a immédiatement annoncé qu'il allait en présenter une nouvelle version afin de relier malgré tout les sables bitumineux canadiens au sud des Etats-Unis. L'oléoduc devait courir sur 2 700 km entre la province canadienne d'Alberta et le golfe du Mexique, pour un coût de sept milliards de dollars. Le projet devait créer 20 000 emplois aux Etats-Unis etinjecter 20 milliards de dollars dans l'économie américaine, selon TransCanada.

BRAS DE FER AVEC LES RÉPUBLICAINS

Sous la pression des écologistes, l'administration avait reporté ce projet à 2013, après la présidentielle de novembre, afin de réaliser une étude supplémentaire sur l'environnement. Mais une disposition introduite par les républicains fin décembre, dans un projet de loi sur des allégements fiscaux, lui imposait de prendre une décision sur ce projet avant fin février. "Je suis déçu du fait que les républicains du Congrès aient été à l'origine de cette décision, mais cela ne change pas l'engagement de mon administration envers une énergie produite aux Etats-Unis, capable de créer des emplois et de réduire notre dépendance envers le pétrole", a ajouté M. Obama, candidat à un second mandat à la tête du pays.

"Cette bataille ne va pas se terminer ainsi, vous pouvez compter sur nous", a réagi le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner. "Le peuple américain continue de poser la même question : où sont les emplois ? Le président avait la possibilité de créer 20 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects, mais il a dit non. Nous n'allons pas baisser les bras", a-t-il assuré au cours d'une conférence de presse. Cette décision est "aussi choquante que révélatrice", a dénoncé de son côté Mitt Romney, le favori à l'investiture républicaine en vue de la présidentielle du 6 novembre.

"Le président témoigne d'un manque de sérieux en matière [d'efforts] pour réduirele chômage, restaurer la croissance économique et atteindre l'indépendance énergétique", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le président de l'ONG Natural Resources Defense Council, Frances Beinecke, a jugé de son côté que le projet avait été "rejeté pour de bonnes raisons""Le président Obama a placé la santé et la sécurité du peuple américain, ainsi que notre air, notre terre et notre eau, nos intérêts nationaux, au-dessus des intérêts de l'industrie pétrolière", a-t-il estimé dans un communiqué.

http://ecologie.blog.lemonde.fr/files/2012/01/000_Was2673814.jpg

Lemonde.fr catégorie planète. 

Repost 0
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 11:40

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a annoncé, lundi 16 janvier une baisse d'environ 30 % du prix de l'essence à la pompe. A Lagos, des soldats nigérians tentaient lundi matin de disperser des centaines de manifestants avec leurs véhicules tandis que la grève générale provoquée par la hausse du prix des carburants entrait dans sa deuxième semaine. Environ mille manifestants étaient rassemblés sur une route située près de l'épicentre de la contestation dans la capitale nigériane. Près de 10 000 manifestants s'étaient réunis sur ce lieu la semaine dernière.  "Le gouvernement va continuer de poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier, a déclaré le président nigérian à la télévision. Toutefois, compte tenu des difficultés rencontrées par les Nigérians (...), le gouvernement a approuvé une baisse du prix du carburant à 97 nairas (0,47 centimes) le litre."

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR_A65w3peDsf0GpM_ufZXIysopCSyxeFOdCCWxBP0a5tpbpaih

Les syndicats du secteur pétrolier ont annoncé la suspension des manifestations prévues dans la journée pour protester contre la suppression d'une subvention sur le carburant après l'annonce par les autorités d'une baisse du prix de l'essence. Les manifestations et la grève avaient commencé le 9 janvier. Le président Jonathan, a évoqué de "graves informations en matière de sécurité" en sa possession, indiquant que des éléments extérieurs au mouvement syndical pourraient tenter de dévoyer le mouvement de grève.

CONFLIT INTERCONFESSIONNEL

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSTJCkpcM2DukQ34RoritJ471-hkeBcXuITiEZ_HJHdaBlUrs7o

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue cinq jours de suite la semaine dernière pour protester contre la suppression surprise de la subvention sur les carburants, le 1er janvier, décision qui a plus que doublé le prix à la pompe, passé d'un coup de 65 nairas à 150 nairas. Plusieurs personnes ont été tuées dans les heurts avec la police, et 600 autres ont été blessées, selon la Croix-Rouge internationale.

Outre cette grève générale et les manifestations qu'elle a engendrées, le Nigeria est aux prises avec un conflit interconfessionnel et des attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram, qui ont fait une centaine de morts depuis Noël. Le président Jonathan avait décidé l'arrêt de subventions aux carburants pour financerla modernisation des infrastructures. Mais le doublement du prix des carburants frappe durement une population dont la majorité vit avec moins de 2 dollars par jour.

Le Nigeria, membre de l'OPEP, est le premier pays producteur et premier exportateur de pétrole brut d'Afrique. Le pétrole nigérian représente 8 % des importations pétrolières des Etats-Unis, et l'Europe comme l'Asie sont de gros clients du Nigeria, deuxième économie d'Afrique.

Lemonde.fr

Repost 0
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 10:22

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQXwyjqfcluW1xw7HerdMqFcS4fBzg1PwxactRiYDNMQWriKUf4

Un mois après l'intrusion de militants de Greenpeace dans deux centrales nucléaires, Claude Guéant doit annoncer, vendredi 6 janvier, "un plan d'action"visant à accroître la sécurité autour de la vingtaine de centrales françaises. En compagnie du PDG d'EDF, Henri Proglio, le ministre de l'intérieur se rendra au centre nucléaire de production d'électricité de Chinon pour y évoquer ce "plan d'action commun mis en place par EDF et la gendarmerie, destiné à améliorerencore davantage la protection des sites nucléaires". Une convention entre le ministère de l'intérieur et EDF sera conclue à cette occasion.

Dans un entretien publié par Le Parisien-Aujourd'hui en France, le ministre de l'intérieur précise les nouvelles mesures et indique notamment que "les échanges de renseignements entre EDF et les gendarmes" seront améliorés "pour mieuxdétecter en amont toute tentative d'intrusion" dans les centrales.

En outre, il sera procédé à des "élagages" de végétation pour améliorer la visibilité, et dans d'autres sites "des caméras, des clôtures supplémentaires, des systèmes d'alarme sonores et des équipes cynophiles" seront déployés. De plus, les gendarmes seront équipés "de pistolets à impulsion électrique [de type Taser] pourgérer les problèmes d'intrusion non terroriste sur un site nucléaire", indique M. Guéant. "D'autres seront accompagnées de chiens de surveillance et d'attaque", ajoute Le Figaro, qui dévoilait les mesures jeudi.

"POUDRE AUX YEUX"

"Ces nouvelles mesures ne sont que de la poudre aux yeux. Il est impossible desécuriser correctement un site nucléaire, a rétorqué Sophia Majnoni d'Intignano, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace, dans un communiqué. Les centrales nucléaires sont immenses, deux cents hectares pour certaines, il n'est pas sérieux de prétendre que quelques chiens et gardes mieux équipés sont la solution pour une sécurité parfaite."

En 2007, suite à l'intrusion de Greenpeace dans la centrale de Belleville (Cher), le gouvernement avait déjà pris de nouvelles mesures de sécurité, notamment la création d'une unité spécifique de gendarmes, le peloton spécial de protection de la gendarmerie (PSPG), qui représente 740 militaires sur toutes les centrales, rappelle Greenpeace. "L'installation de ces pelotons n'a pas empêché que, depuis, des militants parviennent toujours à pénétrer sur ces sites. Les mesures annoncées aujourd'hui n'y changeront rien : le nucléaire constitue une faiblesse de sécurité pour tous les pays utilisant cette énergie", poursuit Sophia Majnoni.

"PROTECTIONS PASSIVES"

Déterminés à exposer les failles dans le système de sécurité des centrales, deux militants de Greenpeace étaient en effet parvenus le 5 décembre à pénétrer dans la centrale de Cruas, en Ardèche, et neuf autres dans celle de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. D'autres activistes avaient tenté d'entrer dans d'autres sites.

Claude Guéant avait alors annoncé un renforcement des "protections passives" :"Ça veut dire des grillages qui soient plus fermes, des fossés, ça peut être des chiens qui circulent entre les grillages, des choses très simples en termes de sécurité", avait-il expliqué.

Par ailleurs, la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a réuni jeudi soir les exploitants des installations nucléaires après les recommandations de l'Autorité de sûreté nucléaire qui, dans son rapport post-Fukushima, appelle à renforcer la robustesse des centrales nucléaires.

Lemonde.fr

 

Repost 0
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 10:18

Lettre ouverte d’Eva Joly aux syndicats de l’énergie

Paris, le 9 novembre 2011

 http://evajoly2012.fr/files/2011/11/avec-le-dossier-nucleaire-eva-joly-met-la-pression-sur-francois-hollande-archives-joel-philippon-500x220.jpg

Chers amis,
L’élection présidentielle de 2012 est l’occasion d’un grand débat sur l’avenir énergétique de la France. Un débat crucial à l’heure où la France doit choisir entre deux chemins : persister dans le choix du nucléaire ou investir dans la transition énergétique que j’appelle de mes vœux.

En tant que travailleurs, professionnels du secteur de l’énergie, vous êtes au coeur de ce nécessaire grand débat. C’est vous qu’il concerne en premier lieu. La transition énergétique dont la France a besoin ne pourra se faire qu’avec vous. Pourtant depuis plusieurs jours, les partisans du renouvellement du parc nucléaire s’évertuent à montrer cette transition comme une impasse, voire comme une menace pour vos emplois et votre activité. Ils induisent pourtant les Français en erreur.
 
C’est dans ce sens que vont les dernières déclarations de M. Proglio dans Le Parisien. Il n’hésite pas à menacer les salariés : « sortir du nucléaire, ce serait mettre des centaines de milliers d’emplois en péril et tourner le dos à l’excellence industrielle française ». Loin de ces caricatures, de ces manipulations, je souhaite rétablir des faits et engager avec vous l’avenir énergétique de notre pays.
 
M. Proglio est d’une mauvaise foi terrible en affirmant que 400 000 emplois dans le nucléaire sont voués à disparaître. Les emplois directs sont de l’ordre de 125.000, et les salariés du nucléaire peuvent être les premiers à bénéficier des créations d’emplois de la transition énergétique. Cette transition permettra de garantir le nombre d’emplois actuels et d’en créer au moins 600 000 supplémentaires, dont une grande partie dans les énergies renouvelables. L’Allemagne nous a déjà ouvert la voie : pour 40 000 emplois dans l’industrie nucléaire, elle en a crée 370 000 dans les énergies renouvelables.
 
M. Proglio spécule en nous promettant 100 000 emplois issus du développement du nucléaire à l’étranger, alors que les erreurs industrielles se multiplient et qu’après Fukushima l’exportation du nucléaire apparaît comme une aberration: ces emplois n’existent pas.
 
M. Proglio trompe les salariés en estimant à 500 000 le nombre d’emplois menacés dans l’industrie à cause de la supposée augmentation du prix de l’électricité. Lui qui aime dire que le prix de l’électricité en Allemagne est très élevé ne sait-il pas que l’industrie allemande est bien plus florissante que la nôtre ? C’est en misant sur l’innovation verte, à commencer par des procédés de fabrication plus économes en énergie, que l’industrie française trouvera sa place sur les marchés mondiaux.
 
La sortie progressive du nucléaire offre un avenir à notre excellence industrielle. Ces dernières années, les énergies renouvelables ont représenté la grande majorité des investissements énergétiques. Quand certains rêvent d’une renaissance de l’industrie nucléaire, nous assistons dans le monde entier au développement généralisé de l’industrie des énergies renouvelables. Les exemples de sites industriels sauvés par ces marchés porteurs se multiplient. Et c’est sans compter sur l’héritage nucléaire qui nous impose de former et d’embaucher des personnels compétents pour améliorer la sécurité des centrales en fin de vie, pour développer une filière de démantèlement capable de satisfaire les besoins mondiaux en la matière. La voie que nous proposons, c’est en définitive une voie d’excellence industrielle pour la France : l’excellence écologique.
 
Je souhaite aussi garantir la qualité des emplois dans le secteur énergétique. Alors que l’industrie nucléaire s’est fourvoyée depuis trop longtemps dans la sous-traitance et la précarité, je veux travailler avec vous pour garantir la qualité des conditions de travail dans les secteurs de la transition énergétique. Permettez moi, à ce sujet, de vous faire part de mon inquiétude quant aux conditions d’emplois et de travail sur le site du chantier EPR de Flamanville : les différents niveaux de sous-traitance et l’absence de garantie de sureté sur le site exposent les travailleurs à des risques innaceptables. Une politique de transition énergétique, qui intégrera le travail nécessaire au démantèlement des centrales, exigera de mon point de vue le retour au principe de l’employeur unique pour en finir avec cette mise en danger des travailleurs et des travailleuses. De la même manière, cette transition permettra de pérenniser les emplois en étudiant les conditions de la conversion des salariés vers l’avenir énergétique, garantissant à chacune et à chacun un revenu et une formation.

 

Mesdames, messieurs, c’est pour ces raisons que je souhaite vous rencontrer dans les meilleurs délais, pour que nous travaillons ensemble à ce chemin d’avenir. C’est avec les citoyens et les travailleurs que nous inventerons un futur énergétique soutenable pour la France.

 

Eva Joly

Repost 0
2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 09:00


Nucléaire : les liquidateurs qui ont pris part au nettoyage de la centrale de Tchernobyl n'acceptent pas qu'on supprime leurs avantages sociaux. Ils l'ont fait savoir en essayant de prendre d'assaut le parlement à Kiev. 

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tchernobyl_333.jpg

 


Un millier de «liquidateurs» de Tchernobyl ayant participé au nettoyage autour de la centrale après la catastrophe ont tenté de prendre d’assaut le parlement à Kiev. Ils entendaient ainsi protester contre la suppression de leurs avantages sociaux.

> Les protestataires, qui scandaient le mot «Honte!», ont cassé des barres métalliques installées autour du parlement. Ils ont été repoussés par une centaine de policiers antiémeutes.

> Les manifestants protestaient contre un projet de loi visant abolir des avantages sociaux pour seize catégories de la population, notamment les personnes ayant participé aux travaux de nettoyage autour de la centrale de Tchernobyl, théâtre du pire accident de l’histoire du nucléaire civil en 1986, et d’anciens combattants soviétiques en Afghanistan.

Le projet de loi a été voté en première lecture en septembre, provoquant un tollé dans la société.

 

Tchernobyl: Des survivants racontent l'apocalypse nucléaire


"Les murs se sont mis à trembler et le béton à grincer. J'ai alors compris que quelque chose de terrible était arrivé", raconte Boris Stoliartchouk, un ancien ingénieur de la centrale de Tchernobyl présent sur les lieux du drame le 26 avril 1986.
A 01h23 ce matin-là, deux explosions font voler en éclats le coeur du quatrième réacteur. Dans la salle de contrôle jouxtant le bâtiment dévasté, les hommes chargés de piloter le réacteur sont immédiatement aveuglés par un épais nuage de poussière radioactive.
"Refroidissez! Ouvrez toutes les vannes d'eau, hurla l'adjoint de l'ingénieur en chef", se souvient Stoliartchouk. "Les voyants de contrôle clignotaient, s'affolaient. Les commandes ne répondaient plus", poursuit-il. "En me penchant par une fenêtre, j'ai vu l'ampleur des dégâts. Le réacteur n'était plus qu'un trou béant".
Les rares dosimètres disponibles, permettant de mesurer la radioactivité, étaient bloqués au maximum.
Pourtant, personne n'ordonna l'évacuation immédiate des quelque 500 personnes travaillant à la centrale. Stoliartchouk resta ainsi pendant près de trois heures en compagnie de son chef d'équipe dans la salle de contrôle "grillée" par les mortels rayons. "Techniquement, il n'y avait plus rien à faire. Chaque minute dura une éternité", lance-t-il dépité.
Les deux hommes furent pris de violents vomissements et ils eurent de terribles maux de tête. Leur peau rougie les brûlait. Stoliartchouk survécut. Son collègue, plus âgé, succomba.
A l'extérieur, une étrange luminescence montait toute droite des profondeurs du cratère incandescent, éclairant la centrale plongée dans la nuit. Le toit du bâtiment des turbines non loin de là était en feu, raconte le sergent Léonid Shavrey.
A peine protégés, Shavrey et une trentaine d'autres pompiers montèrent à l'assaut des flammes qui menaçaient de ravager les trois autres réacteurs encore intacts. Six de ces hommes périrent d'irradiations aiguës dans les semaines qui suivirent.
La veille du drame, les responsables de la centrale avaient décidé d'effectuer un test dans le quatrième réacteur - sans l'accord des autorités soviétiques de l'époque - reconnaît aujourd'hui l'ancien directeur de Tchernobyl Viktor Brioukhanov. 
Même si toute la lumière sur l'accident n'est toujours pas faite, il semblerait que la négligence du personnel combinée à des défauts de conception des réacteurs soit à l'origine de l'explosion. 
Le combustible brûla pendant dix jours et les fumées radioactives contaminèrent les trois-quarts de l'Europe.
Pourtant, l'accident n'aurait fait que 31 morts et 237 blessés selon un bilan auquel plus personne ne croit Kiev a fait récemment état de 15 000 morts et de millions d'invalides.
Les autorités soviétiques tentèrent de cacher puis de minimiser la catastrophe, aggravant ainsi ses conséquences. La ville de Tchernobyl, située à seulement 20 kilomètres de l'épicentre ne fut évacuée que le 5 mai, soit 10 jours après le drame.
Pire encore: On laissa 800 enfants participer à un "marathon" dans les environs de la centrale le jour même de la tragédie, selon des témoins. Un million de personnes défilent dans la capitale ukrainienne pour les festivités du 1er mai alors que la radioactivité y atteint son pic. Une épidémie de cancers de la thyroïde - due à l'iode radioactif craché par le réacteur - frappe aujourd'hui des milliers d'enfants et d'adolescents en Ukraine, au Bélarus et en Russie.
Lors d'un procès à huis clos en 1987, Moscou accabla la direction de la centrale: six des responsables de Tchernobyl furent condamnés à des peines allant de 2 à 10 ans de prison (voir la vidéo du Jt d'A2 du 29/07/1987, voir aussi l'estimation provisoire de la catastrophe de Tchernobyl). Les plus hauts dirigeants soviétiques ont eux échappé à toute poursuite.


« Sur les 5 500 employés de la centrale, 4 000 ont pris la fuite dès le premier jour... »

 

"Tchernobyl, après l'apocalypse": quand les témoins racontent

 

Le 26 avril 1986 à 1h23 du matin, une explosion retourne la dalle de béton du réacteur numéro 4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl.
La gravité de l'accident, mais aussi et surtout l'incurie des autorités soviétiques à tous les niveaux, ont fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe du nucléaire civil, un désastre humanitaire et écologique qui frappe les trois-quarts de l'Europe. 

Dans un livre basé pour l'essentiel sur des témoignages, "Tchernobyl après l'apocalypse", Philippe Coumarianos, correspondant de l'AFP à Kiev depuis quatre ans, raconte l'enfer de ceux dont la vie a basculé ce jour-là.


Lorsque l'accident survient, en pleine nuit, "aucune mesure n'est immédiatement prise pour mettre le personnel à l'abri", raconte l'auteur. "En fait, tout manquait: vêtements de protection, respirateurs et dosimètres". Dans l'incertitude et la confusion, le directeur de la centrale, Viktor Brioukhanov, qui écopera de dix ans de camp de travail, n'a pas le courage de donner l'ordre qui s'imposait: évacuer le personnel et arrêter les trois réacteurs encore en fonctionnement.
Toujours à partir de témoignages de survivants, Coumarianos raconte la lutte dérisoire des pompiers qui plongent dans la fournaise sans la moindre protection: pantalon et veste de grosse toile, gants, bottes et casques en plastique. Aucune équipement anti-radiations, aucun dosimètre. "Nous ignorions à peu près tout des radiations et comment s'en protéger", témoigne un pompier. 

A tous les niveaux, c'est l'improvisation et le mensonge. "Tout le monde était pris de court. Personne ne savait comment refroidir le magma nucléaire et stopper les émissions d'isotopes. On improvisa", explique l'auteur, qui raconte comment les autorités ont tenté de cacher puis de minimiser la castrophe, aggravant ainsi les conséqnences. Le chef de l'Etat, Mikhaïl Gorbatchev, n'interviendra à la télévision que dix-neuf jours après le drame.

Philippe Coumarianos décrit également l'exode de ceux qui ont évacué Pripiat, cité modèle de l'URSS, une ville de 45 000 habitants désertée en quelques heures. "C'était le chaos. Il fallait loger chez l'habitant des milliers de personnes, dont beaucoup souffraient de diarrhées et de nausées", raconte un témoin, qui se retrouve finalement dans une zone aussi fortement contanminée.

Tchernobyl, c'est aussi le combat et l'esprit de sacrifice des "liquidateurs", ces 650 000 hommes qui pendant près de deux ans participent aux opérations d'évacuation et de décontamination. 


Mais Tchernobyl, ce sont également les revenants, ceux qu'on appelle les "samasiolis" (colons): âgés pour la plupart, ils n'ont pas supporté la vie précaire dans les banlieues de Kiev ou d'ailleurs et sont revenus sur leur coin de terre, même dans la zone contaminée de 30 kilomètres autour de la centrale qui reste théoriquement interdite.

Extrait de "Tchernobyl, après l'apocalypse"
de Philippe Coumarianos.
                   


Repost 0
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 10:43

Au Japon, le séisme du 15 juillet 2007 a entraîné un incendie, des ruptures de fûts de déchets radioactifs et des rejets radioactifs à l’extérieur de la centrale de Kashiwasaki. L’entreprise nucléaire Tepco a tenté de cacher la vérité mais a peu après été obligée de reconnaître les faits. Tepco avait déjà été en 2002 au centre d’un énorme scandale de falsification de documents de sûreté afin de cacher des fissures apparues sur de nombreux réacteurs. Dix-sept réacteurs avaient alors été fermés administrativement pendant plusieurs mois.

Le 15 juillet 2007, c’était la quatrième fois au moins qu’une centrale nucléaire japonaise était soumise à un séisme supérieur aux prévisions des « experts ». Ainsi les secousses enregistrées le 25 mars dernier à la centrale nucléaire de Shika étaient-elles presque deux fois supérieures au risque maximum prévu par les « spécialistes ».

Pourquoi une telle violence dans le cas de Kashiwasaki ? Parce que, a révélé un peu paniqué le quotidien Asahi Shimbun (cité dans Courrier international), la plus grosse centrale nucléaire du monde a été construite… en plein sur une faille sismique active, et personne ne s’en était jamais aperçu !

 

http://www.alternativelibertaire.org/IMG/cache-190x190/arton1366-190x190.jpg

 

L’industrie nucléaire française ment-elle moins que son homologue japonaise ? Les « experts » que nous sommes censés approuver aveuglément sont-ils plus doués en France ? Rappelons que les calculs d’EDF s’étaient révélés faux concernant un simple risque d’inondation : l’eau de la Garonne ne « pouvait pas » passer par-dessus les digues de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde). Or c’est ce qui s’est produit le 27 décembre 1999, la centrale frôlant le désastre.

 

Repost 0
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 10:41

Les tremblements de terre de l'été 2007 au Japon ont provoqué un incendie dans la plus grande centrale nucléaire du monde, qui a été fermée jusqu'à nouvel ordre. En France, le risque existe également. Dès 2003, le réseau Sortir du nucléaire avait eu accès à des documents confidentiels révélant que les centrales EDF ne sont pas adaptées au risque sismique français, et que l'entreprise avait falsifié les chiffres qui la gênaient. EDF a de nouveau été prise en flagrant délit de camouflage des risques réels qui pèsent sur la France et ses populations. 

 

Le 19 juillet 2007, le réseau Sortir du nucléaire dévoilait des documents exclusifs, dont les notes confidentielles estampillées « À ne transmettre à l’extérieur d’EDF sous aucun prétexte ».

Ces documents, qui datent de 2002, font état des méthodes de calcul d’EDF pour adapter les centrales au risque sismique qui les menace. Le hic, c’est que ces calculs sont contestés par l’Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire (IRSN), un organisme placé sous la tutelle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). La mission de l’ASN est de contrôler que les différents acteurs de l’industrie nucléaire (EDF, Areva, Commissariat à l’énergie atomique, etc.) respectent les mesures de sécurité. Hélas, l’ASN a jusqu’ici surtout eu pour rôle de « rassurer les citoyens », sans trop contrarier les intérêts industriels et financiers en jeu.

Risque « vraisemblable »

Les faits remontent au 24 octobre 2002, lors d’une réunion entre EDF, l’ASN et l’IRSN portant sur les risques sismiques.

http://www.alternativelibertaire.org/IMG/cache-500x498/accident-500x498.jpg

 

Quelle est la méthode d’EDF ? Pour chaque centrale, l’entreprise consulte le répertoire Sisfrance [1] et note le plus fort séisme qui se soit produit dans la région depuis un millier d’années. Ce séisme est baptisé Séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) et sert désormais à indiquer le danger maximal pesant sur la centrale. On mesure ensuite l’intensité de ce SMVH dans la zone de la centrale : pour la quasi-totalité des centrales, cette intensité s’établit entre les paliers VI et IX de l’échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik (MSK) [2].

On peut donc lire ainsi le schéma ci-contre : la centrale de Paluel (Seine-Maritime) est située à 10 km de l’épicentre du séisme le plus puissant observé dans la région depuis un millénaire : 4,8 de magnitude le 1er décembre 1769. Si un tel séisme se reproduisait, l’intensité ressentie dans la zone de la centrale serait de VI à VII sur l’échelle MSK. Pour adapter ses constructions au risque sismique, EDF majore le SMHV d’un palier d’intensité sur l’échelle MSK. Le résultat a pour nom séisme majoré de sécurité (SMS) : par exemple un séisme d’intensité VII devient VIII. On se dit qu’ainsi, « on a de la marge ».

Le hic, c’est que lors de la réunion technique du 24 octobre 2002, les experts de l’IRSN expriment de forts désaccords avec les risques calculés par EDF. Selon eux, le danger a été sous-évalué pour la totalité des centrales. Pour quatre d’entre elles (Penly, Bugey, Chinon et Fessenheim), la sous-évaluation est importante ; pour quatre autres (Saint-Alban, Belleville, Golfech, Blayais), elle est très importante. Dans le premier cas, les coefficients d’“ accélération du sol ” calculés par l’IRSN sont 1,5 à 2 fois plus élevés que ceux calculés par EDF. Dans le second, ils sont 2 à 3,75 fois plus élevés.

L’entreprise flaire la « menace »

Comment vont réagir les émissaires d’EDF ? Le lendemain de la réunion, ils pondent une note à leur hiérarchie. Après un exposé sommaire des reproches formulés par l’IRSN, la partie la plus intéressante de la note est celle des « suites à donner ». « Nous savions que la menace planait » avouent-ils ingénument. Sur qui planait la menace de leur point de vue ? Sur la population ? Nullement ! Mais sur EDF, qui risque de se voir contrainte par l’ASN à des travaux de mise à niveau des centrales. Des travaux évalués à 1,9 milliard d’euros, dont l’entreprise ne veut pas entendre parler : nos vies valent moins que leurs profits !

Comment se débarrasser des gêneurs de l’IRSN ? Réponse : « Il faut mobiliser stratégiquement au-dessus des experts pour lever la contrainte. […] Une communication de haut niveau vers la DGSNR [la direction de l’ASN] est requise ». En clair : réduire l’IRSN au silence grâce des pressions hiérarchiques de l’organisme de tutelle. Autre méthode pour brouiller les cartes : « Des actions de lobbying ou contre-feux (autres experts) sont-elles possibles ? » Dans tous les cas, « Il faut trouver une échappatoire à cette menace. […]une étude d’impact […] doit définir jusqu’où il serait acceptable industriellement de réévaluer le séisme. » En clair : c’est le risque sismique qui doit s’adapter à l’investissement financier et non l’inverse !

Pression des antinucléaires

Le lundi 26 mai 2003, le réseau Sortir du nucléaire, qui est entré en possession des documents confidentiels de la réunion du 24 octobre [3], balance l’information avec un communiqué au titre explicite : « Séismes et centrales nucléaires : les chiffres de l’Autorité de sûreté nucléaire et d’EDF diffèrent gravement. EDF tente d’étouffer l’affaire en menant des actions “au plus haut niveau” ».

Une semaine plus tard, le directeur de l’ASN est contraint d’adresser un long courrier pour morigéner EDF. À la lecture de cette lettre on apprend que l’ASN a décelé que, dans les calculs d’EDF « les intensités épicentrales de la plupart des séismes de référence avaient été revues à la baisse par rapport à celles qui sont proposées dans la base Sisfrance ». On croit rêver, mais non : EDF bidouille tout simplement les chiffres qui ne l’arrangent pas !

Le 23 juin, Sortir du nucléaire publie une synthèse de cette affaire qui clame : « Séismes et centrales nucléaires : la vérité éclate. EDF a falsifié des données sismiques. » Parmi les falsifications relevées, une des plus grossières concerne la centrale de Belleville (Cher), où EDF s’est autorisée à prendre comme référence un séisme datant de 1079 pour lequel il existe très peu de données, écartant le séisme de référence (1933) qui impliquait des mesures plus contraignantes.

Malgré ces accusations gravissimes reprises dans certains médias, EDF n’osera engager aucune procédure judiciaire pour « diffamation » contre les antinucléaires.

Hélas, malgré les révélations du réseau Sortir du nucléaire, rien ou presque n’a été fait. Cet été, l’affaire a rebondi parce qu’une centrale nucléaire a été mise en difficulté par un séisme au Japon.

Si l’épicentre d’un séisme est proche d’une centrale nucléaire, les conséquences seront très graves. D’ailleurs, les scénarios de « sûreté » oublient que les dommages peuvent être cumulés : incendie (comme au Japon), rupture des canalisations des circuits de refroidissement, personnels blessés ou tués…

Faut-il vraiment attendre une catastrophe nucléaire pour réagir ?

Guillaume Davranche (AL Montrouge)

 

(Article arternative nucléaire). 

Repost 0
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 00:10

 

Surtout, ne pas polémiquer. Les experts que nous avons interrogés sur la gestion par Tepco de l'accident nucléaire dans sa centrale de Fukushima, après le séisme et le tsunami du 11 mars, ont tous insisté sur leur refus de "jeter la pierre" à l'opérateur japonais.

"Le contexte était très dur, les routes et l'électricité coupées, et il faut prendre en compte l'aspect psychologique des opérateurs, sans nouvelles de leurs familles après le violent séisme et le tsunami", rappelle notamment Christophe Béart, directeur de l'énergie nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Comme ses confrères, il  accepte toutefois de donner un avis tecnhique, tout en soulignant qu'"il faudra attendre le retour d'expérience précis pour statuer".

L'accident était-il évitable ? Lors de la secousse, les réacteurs, pourtant prévus pour résister à un séisme moindre, ont tenu bon et se sont correctement mis à l'arrêt. Mais dans l'heure suivante, avec le tsunami, le système de refroidissement a été noyé et le courant coupé sur tous les réacteurs. "Une situation inédite",souligne Thomas Houdré, directeur des centrales nucléaires à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "Tepco n'a alors pas pris la mesure de ce qui se passait : s'il avait agi rapidement, alors que la puissance dégagée, et donc la chaleur, restaient très importantes, la pompe d'un camion de pompiers aurait probablement permis d'éviter la fusion partielle des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3", estime un expert international, sous le couvert de l'anonymat.

Ses confrères s'accordent sur le fait que "l'aide extérieure aurait pu être sollicitée plus tôt". Pour Christophe Béart (CEA), il est dommage que les turbopompes, activées par la vapeur, aient manqué de batteries pour fonctionner plus longtemps, et que Tepco ne dispose pas de pompes fonctionnant au diesel transportables par les airs, comme en France.

Autre erreur, selon l'expert anonyme : quand la chaleur dégagée a fait monter la pression dans les réacteurs, "Tepco a bien fait de relâcher la vapeur, mais a oublié que celle-ci contenait de l'hydrogène". Ce gaz s'est accumulé dans le haut des bâtiments des réacteurs, jusqu'à provoquer des explosions.

Le soufflage de ces bâtiments, qui n'est pas problématique, a diffusé les rejets radioactifs et endommagé des pompes, des piscines de stockage du combustible usé, l'enceinte de confinement du réacteur 2 et peut-être celle du réacteur 1. D'autres spécialistes conviennent qu'"enlever des dalles des toits des bâtiments pour que l'hydrogène s'échappe" aurait été une bonne idée. Pour Christophe Béart, ces explosions auraient aussi pu être évitées ou limitées si les enceintes de confinement avaient été dotées, comme en France, de recombineurs d'hydrogène.

Par ailleurs, "Tepco a pris un risque en ne refroidissant pas tout de suite les piscines de stockage, souligne Thierry Charles, de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L'eau y bouillait : or, une forte évaporation aurait découvert le combustible usagé, provoquant des rejets importants".

Fallait-il injecter de l'eau de mer plus tôt ? L'entreprise s'est vu reprocher dans la presse d'avoir tardé à injecter de l'eau de mer dans les réacteurs, parce qu'elle savait que le sel empêcherait toute utilisation future de ces installations. Mais les experts doutent de tels atermoiements. "Tepco a appliqué les recommandations en cas d'accident : maintenir le refroidissement par tous les moyens possibles. Le faire depuis l'extérieur n'est pas une solution courante", indique Thomas Houdré, de l'ASN. "A ma connaissance, remplir le réacteur à l'eau de mer n'a jamais été étudié ni effectué. Tepco a probablement voulu valider cette idée avec les concepteurs du réacteur", renchérit Bruno Comby, expert indépendant en génie nucléaire et président de l'Association des écologistes pour le nucléaire.

Les différents spécialistes s'accordent à dire que cette solution d'urgence a permis d'éviter une catastrophe plus grave. Thierry Charles se félicite toutefois que l'injection d'eau douce ait repris le 26 mars : "Les dépôts de sel peuvent boucher les circuits et ralentissent le refroidissement des barres de combustible."

Pouvait-on limiter les rejets radioactifs dans l'air ? "D'après nos estimations, l'essentiel des rejets est dû aux relâchements volontaires de vapeur effectués la première semaine après la fusion partielle des cœurs, explique Thierry Charles.Mais ces dépressurisations étaient indispensables pour éviter l'explosion des enceintes de confinement, qui aurait été bien plus grave." Seul un refroidissement plus précoce aurait permis de relâcher moins de vapeur.

L'idée de Tepco de poser des bâches sur les réacteurs endommagés pour limiter les rejets est bonne, selon cet expert, "à condition de prévoir une évacuation de l'hydrogène, sinon on risque à nouveau l'explosion. Il salue aussi l'épandage de résine synthétique, débuté ces derniers jours, "qui permet de fixer la contamination au sol".

Les rejets d'eau contaminée dans la mer étaient-ils nécessaires ? Tepco a volontairement rejeté dans la mer, du 4 au 10 avril, de l'eau stockée décrite comme"faiblement contaminée", pour pomper et stocker à la place les eaux fortement radioactives accumulées dans les tranchées et bâtiments. Les experts s'accordent pour dire qu'"entre deux maux, il faut choisir le moindre". D'autant que le pompage des eaux fortement radioactives permettra aux employés de travailler plus longtemps sur le site, et dans de bien meilleures conditions.

Aurait-il fallu couler rapidement un sarcophage comme à Tchernobyl ? "Cela a été évoqué comme une solution ultime au cas où on perdrait tout moyen de refroidissement. Ce qui n'a pas été le cas", note Thomas Houdré, de l'ASN. Les différents experts rappellent que la situation est bien moins catastrophique qu'à Tchernobyl, où le cœur du réacteur s'est retrouvé à ciel ouvert, sans  cuve ni enceinte de confinement pour limiter les rejets.

Les employés sont-ils trop exposés au danger ? Les informations sont parcellaires : on sait que trois techniciens ont été irradiés après avoir marché dans des flaques d'eau contaminée, sans bottes adaptées. "Ils ont reçu une dose de 200 millisieverts, en-deça de la limite de 250 millisieverts [par an] fixée par les autorités japonaises", souligne Thierry Charles. Si la Criirad évoque des doses"potentiellement mortelles", l'expert international rappelle qu'"en cas d'urgence absolue, on peut s'exposer jusqu'à 500 millisiverts, selon les pays. Les employés qui sont actuellement sur le terrain prennent des risques, mais ils ne sont pas pour l'instant mortels. On ne peut pas parler de sacrifiés".

Des infractions à la loi ont cependant eu lieu : des employés ont ainsi travaillé sans les dosimètres qui indiquent en temps réel les radiations reçues. Les conditions de vie de ces personnels et membres des forces armées sont extrêmement rudimentaires (article réservé aux abonnés).

Au total, 20 personnes ont été irradiées, un chiffre que Bruno Comby invite à mettre en regard des 234 irradiés très graves de Tchernobyl. Cet expert indépendant estime par ailleurs qu'on ne peut pas reprocher à Tepco d'impliquer essentiellement des salariés de ses sous-traitants : "L'intervention en zone chaude ressemble aux opérations de maintenance, que Tepco confie habituellement à des sous-traitants parce qu'elle n'a pas assez de réacteurs pour employer de tels spécialistes à plein temps".

L'aide internationale a-t-elle été négligée ? Les Etats-Unis ont été d'emblée priés d'envoyer par avion de l'acide borique, qui permet de modérer la réaction nucléaire en chaîne. General Electric, qui a conçu les réacteurs de Fukushima, a proposé rapidement son aide, mais l'entreprise américaine n'a pas précisé dans quelle mesure elle a finalement été sollicitée.

D'une façon générale, les Japonais ont mis du temps à répondre aux propositions d'envoi de matériels, robots et experts du nucléaire faites par de nombreux pays. Ils ont notamment refusé dans un premier temps les robots français prévus pour de tels accidents. "C'est sans doute parce que nos robots ne pouvaient pas intervenir dans les enceintes de confinement des réacteurs de Fukushima, bien plus étroites que les nôtres", avance Bruno Comby. "Pour demander de l'aide internationale, il faut avoir le temps d'expliquer la situation et d'attendre la réponse. Ce n'est pas toujours possible", analyse Christophe Béart, directeur de l'énergie nucléaire du CEA. Il précise que des experts français sont au Japon pour aider au retraitement des eaux contaminées comme annoncé par la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Plus d'un mois après la catastrophe, comment expliquer que le système de refroidissement n'ait toujours pas été rétabli ? Rien d'étonnant pour Thierry Charles : "Il faudra des semaines ou des mois pour rétablir un refroidissement en circuit fermé : il faut évacuer l'eau des bâtiments, s'assurer que les installations sont au sec et intactes avant de rétablir le courant, pour éviter qu'un court-circuit provoque un incendie". Et il prévient qu'une vingtaine d'années seront nécessaires pour démanteler et nettoyer le site.

Pour conclure, les experts consultés estiment que Tepco semble avoir pris, globalement, les décisions qui s'imposaient. Mais que dans la course contre la montre des débuts, l'opérateur japonais aurait pu aller plus vite.

Claire Ané
Repost 0
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 00:07

 

Le conseil général du Haut-Rhin a officiellement demandé, vendredi 15 avril, d'attendre les conclusions de l'audit national auquel vont être soumises toutes les installations nucléaires françaises, avant que ne soit rendu l'autorisation d'exploiter dix années de plus la centrale de Fessenheim, implantée sur son territoire. Cette motion du conseil général résulte d'un compromis entre la majorité UMP et l'opposition socialiste et écologiste, et a été adoptée à l'unanimité moins une abstention.

La communauté urbaine de Strasbourg a par ailleurs adopté, vendredi, une résolution demandant l'arrêt de la centrale de Fessenheim, une partie de la droite soutenant la demande. Lundi, le conseil municipal de Strasbourg avait voté une motion similaire, lui aussi à l'unanimité moins une abstention.

 PORTÉE SYMBOLIQUE

La portée de l'ensemble de ces textes reste toutefois symbolique. Le réacteur n° 2 de la plus vieille installation du parc électronucléaire français doit être mis à l'arrêt cette fin de semaine pour subir à partir de lundi sa troisième visite décennale, qui doit durer environ deux cents jours. Le réacteur n° 1 a déjà subi cette troisième visite entre le 17 octobre 2009 et le 24 mars 2010, et l'ASN devait décider d'autoriser la poursuite de son exploitation d'ici juin.

Mais après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement français a ordonné un audit de toutes les installations nucléaires françaises, dont les premières conclusions sont attendues fin 2011 ou début 2012. Si le conseil général demande que le réacteur n° 2 ne soit pas remis en route et que l'autorisation d'exploiter la tranche 1 pour les dix ans à venir ne soit pas délivrée avant de connaître ces résultats, la décision d'un éventuel moratoire ou même d'une fermeture de la centrale relèvera en dernier ressort du ministère de l'industrie.

DEMANDE D'UN OBSERVATOIRE TRINATIONAL

"Compte tenu des risques potentiels et spécifiques à la région du Rhin supérieur (sismiques, hydrauliques)", le conseil général "exige que soient engagées, sans délai, des négociations avec l'Allemagne et la Suisse afin de définir un calendrier d'audit des treize réacteurs existants actuellement dans le Rhin supérieur", ajoutent les auteurs de la motion départementale. Les régions suisse et allemande voisines, qui ont exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis de Fessenheim, voire demandé sa fermeture, abritent elles-mêmes des centrales nucléaires.

Soulignant l'indépendance et le pouvoir d'initiative des commissions locales d'information et de surveillance (CLIS) qui supervisent l'exploitation des centrales françaises, il demande la création d'une CLIS trinationale. Celle-ci aurait pour mission d'analyser "l'état et le fonctionnement des treize réacteurs ayant un impact sur le Rhin supérieur" et "compétence pour mener des expertises indépendantes".

Repost 0
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 14:28

Pollutec

Prix des techniques innovantes pour l'environnement

 

Ce prix récompense les travaux de recherche publique pouvant faire l’objet d’application ou de développement industriel à court ou à moyen terme. Décerné le 30 novembre, il était organisé par Pollutec et l’Ademe en partenariat avec plusieurs rédactions spécialisées (InfoChimie Magazine, Hydroplus, Environnement Magazine Hebdo, Environnement et Technique, Green News Techno et Mesures).

 

http://www.salonfilaha.com/images/couvertures/Pollutec-Maroc/pollutec-2010-en-video.jpg

 

En voici les lauréats :

Catégorie Maîtrise de l’Energie/Energies Renouvelables
« Des batteries Li-ion innovantes à architecture bipolaire pour les véhicules hybrides de demain » - Laboratoire des Batteries Avancées du CEA à Grenoble.
Primé par Green News Techno

Catégorie Eau/Dépollution de l’eau
« Innovation dans le domaine du traitement de l’eau : couplage entre bactéries autotrophes et matières minérales naturelles. Etape d’oxydation biologique d’eaux potabilisables contaminées par de l’arsénite » - Service Environnement et Procédés du BRGM à Orléans.
Primé par Hydroplus

« Préparation de nouveaux adsorbants composites pour le traitement des eaux- Illustration de leur efficacité sur la défluoration des eaux potables » - UMR CNRS 6226 « Sciences Chimiques de Rennes » à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes et le Laboratoire de Chimie Analytique de l’Université de Yaoundé 1 (Cameroun).
Primé par Environnement et Technique

Catégorie Matériaux
« Développement de parois novatrices à changement de phase : amélioration du confort thermique et des performances énergétiques » - Laboratoire Matière Système Complexe de l’Université de Paris Denis Diderot.
Primé par Green News Techno

« Elaboration de résines époxy biosourcées non toxiques » - Institut Charles Gerhardt à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier.
Primé par InfoChimie Magazine et Environnement Magazine Hebdo

Catégorie Air/Dépollution de l’air
« Fe/Charbon actif, un catalyseur innovant produit à partir de déchets industriels » - Unité de Catalyse et de Chimie du Solide de l’Université de Lille1 à Villeneuve d’Ascq.
Primé par Green News Techno, Environnement Magazine Hebdo et InfoChimie Magazine

« Contacteur membranaire innovant pour la capture du CO2 en postcombustion » -
Laboratoire Réactions et Génie des Procédés de l’Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques de Nancy.
Primé par Environnement Magazine Hebdo et InfoChimie Magazine

Catégorie Déchets
« Développement d’un procédé intégré pour la valorisation du lisier porcin et la réduction des risques de pollutions associées : production de biogaz, traitement de l’azote et élimination des polluants émergents, antibiotiques et hormones stéroïdes » - Laboratoire de Biotechnologie de l’Environnement de l’INRA de Narbonne et l’unité de recherche Gestion environnementale et traitement biologique des déchets du Cemagref de Rennes.
Primé par Hydroplus

Catégorie Analyse/Mesure
- « Modèles cellulaires pour la toxicologie testiculaire in vitro et la recherche de molécules actives sur la spermatogenèse » - Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon, UMR 5242 CNRS/ INRA / UCBL / ENS, à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon
- « Détection du tributylétain dans les peintures anti-salissures de bateaux à l’aide d’une bactérie chimioluminescente » - Laboratoire Capteur Bactérien pour l’Analyse et le Contrôle de l’Université de Nantes à La Roche sur Yon.
Primés par Environnement et Technique

« Kit microplaque de mesure des Acides Gras Volatils pour le suivi des processus de fermentation anaérobie » - Laboratoire Chimie Provence de l’Université de Provence à Marseille.
Primé par Mesures

« Echantillonneurs passifs pour la mesure des substances chimiques et de la toxicité associée dans l’eau et les effluents industriels » - Laboratoire de Physico et Toxicochimie de l’environnement de l’Université de Bordeaux 1 à Talence.
Primé par Hydroplus et Mesures

 

Repost 0